Francophonie, trouvera-t-on aussi géant que Diouf ?




Par: Audace Machado , vendredi 28 novembre 2014  à 16 : 01 : 56
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Qui a dit que « Personne n’est irremplaçable ? » Et comment, pour être pratique, peut-on remplacer lettre sur lettre nos disparus. Oui, c’est exagéré voire incomparable –en ce qui concerne le secrétariat général de l’OIF. Rappelons qu’il est question de remplacer Diouf, le dauphin de Senghor, 1er noir Africain à l’Académie Française. Il faudra autant géant ou plus géant que Diouf, à considérer l’évolution de l’OIF et dans le monde actuel, mondialisé. Et qui, et comment, et pourquoi faire alors ?

Un mastodonte à remplacer

Le monde aura eu des titans, des génies, des héros, des ogres, etc., oui ils ont/ils existent. Visiblement, Abdou Diouf l’a toujours été, malgré l’évolution médiatique et géopolitique, l’énigme reste : « comment ce Sénégalais est parvenu à être plus qu’une autorité, une institution ? ». Mais encore, l’origine de l’autorité de Diouf conditionne la grande question actuelle : « Qui le remplacera-t-il et pour quel agenda ? ».

De fait, c’est une question de taille, d’histoire –pour ne pas dire d’expérience, de comportement, etc.-, mais encore et surtout, de légitimité. Sur le plan économique et culturel, l’enjeu est aussi de taille : il s’agit d’un leader qui guidera une sphère qui doit « s’imposer comme lieu d’échange culturel face à l’hégémonie Anglos-saxonne : face à Google, Microsoft, Netflix, Amazone,... ». C’est Esther Kamatari, Altesse Burundo-Française qui rappelle la logique de la « Propagande silencieuse » (I. Ramonet).

En effet, Abdou aura été le seul et Homme Noir pour diriger si longuement -12 ans, soit en trois mandats- l’organisation basée sur une civilisation initialement blanche, la francophonie. En voudrait-on aux opinions qui considèrent encore l’organisation de « Néo-Françafrique ».

Le nouveau S.G arrivera-t-il à convertir cette image colonisatrice  ?

Bref, remplacer Diouf à la tête de la Francophonie sera toute une révolution. Petit exemple : pour une telle institution en pleine conquête mondiale, une institution géopolitique et financière, qui tentera la conquête du Proche et Moyen-Orient comme Diouf l’avait initié, sans connaître les détours de la culture de ladite « région trésor » ? Oui, les enjeux mondiaux, spécialement, l’argent se retrouvent –aussi- là-bas. Y’aura-t-il un remplaçant qui comprendra comme Diouf que, « Il y a une utilisation de la religion pour des appétits politiques ». Or,

La Francophonie devint plus qu’une sphère linguistique

Il y aura eu « La Baule ». Et l’Afrique en particulier fut chambardée –parce qu’elle n’était pas prête pour ce qui sera appelé, « démocratie ». Autres exemples contemporains ? « Nous devons être auprès de la Guinée Conakry frappée par l’Ebola », et François Hollande n’a pas évoqué le Liberia ou le Nigeria. Pourtant, les gens y mouraient aussi, mais ces sociétés plutôt anglophones gérèrent ce virus, plus rapidement.

Mars 2014, nous écoutions passionnément Jimmy Carter, confirmer, « Les OMD sont un outil géopolitique ». Notre débat à Emory consistait en la signification de la Justice Sociale.

Par ailleurs, qui oubliera la place de la France –mère de la Francophonie- dans le conflit Ivoirien (2011), Malien (depuis 2012), Centrafricain (2013 et 2014), Burkinabès (2014), etc.

Pourquoi des dictateurs Haïtien ou Tchadien (…) trouvent-ils refuge –leur droit aussi-, en France ? Le Rwanda, aurait-il raison en virant vers le Commonwealth après le génocide de 1994 ? Princesse Esther, Ambassadrice de la Maison Guerlain – parfumerie distinguée de la France, va plus loin, « Le défi majeur sera encore et surtout l’éducation, bien sûr les droits de l’homme, sans oublier la coopération au sens de l’enrichissement mutuel et dans les respects des institutions ».

Bref, il faudra trouver un remplaçant de Diouf pour perpétuer le statut de la Francophonie comme projet politique, ou institution de promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance, héritage de Diouf.

Pas qu’une femme, pas qu’un Homme

Ce qui est sur, depuis Avril 2014 à Kinshasa, Diouf aura été clair, « Prolongation, jamais de la vie ». Présentement et dans les bourrasques politiques de son Afrique, Esther Kamatari, Conseiller Municipal à Boulogne-Billancourt, comprend Diouf et propose au future S.G de l’OIF de « Rassembler les différentes identités qui composent la communauté autour des valeurs communes et modernes ».

Mais encore, c’est stratégique de la part de l’Europe Francophone que le S.G provienne d’ailleurs que d’Europe, si pas de l’Afrique –nombre d’électeurs, par exemple-. C’est-a-dire que, pour un ensemble de pays comptant plus de 220 millions de locuteurs, bien que ce n’est pas qu’une affaire d’une personne, il serait mieux d’avoir un profil autant - au mieux - plus costaud qu’une expérience de 19 ans, à la tête d’une Nation telle le Sénégal.

Pour rappel, la France –seule- gère le TV5 Monde, l’Agence Universitaire de la Francophonie, l’AIMF et l’Université Senghor d’Alexandrie. Et la question reste : Qui occupera le fauteuil de Diouf ?

En tout cas, des 12 candidats -au départ-, des éminents journalistes Francophones -François Bugingo-, et Cheikh Touré –Mediapart- favorisent Michael Jean et Pierre Buyoya, dans leurs conclusions, à quelques jours du vote du nouveau Secrétaire Général de la Francophonie.

« Maktub », suggestion de l’écrivain Coelho.

Oui, « c’est écrit ». Seulement, le débat naît entre le rattrapage de l’histoire et la place des intérêts des plus concernés. Limitons les spéculations, et revenons à certains faits. Tenez, ce serait donc une compétition entre une Journaliste et un Officier Militaire. Tous deux, personnes de couleurs, ils devinrent politiques. Et les deux ont comme motivation, l’économie, une fois à la tête de l’institution.

Qui sait qui parle français, mieux que l’autre ?

Du coup, l’accent français n’est plus un enjeu pour le Poste. Mais encore, nous avons d’une part une ancienne Gouverneure Générale d’un pays décideur au sein de la francophonie, actuelle envoyée de l’UNESCO en Haïti ; d’autre part, nous avons un ancien Chef d’Etat d’un petit pays –jusque là et administrativement- francophone, et actuellement, Haut Représentant de l’Union Africaine pour le Mali et le Sahel –fief de la France-. (…). Le retraité militaire aura mené des missions de la Francophonie, jusqu’en Russie.

Mais alors, que préférera-t-on d’une femme, ancienne Représentante de la Reine d’Angleterre –Commonwealth-, à l’homme qui prit le pouvoir par coups d’Etat –deux fois- ? Anecdote : Buyoya déposa un Jean Baptiste Bagaza -1987- « Le Président déposé participait au sommet de la Francophonie », me disait l’Ambassadeur Cyprien Mbonimpa. Sur ces mêmes ondes, feu Ambassadeur Kanonko Philippe me précisait « le sommet se tenait au Canada », pays qui sera gouverné, plus tard, par sa concurrente, Michael Jean.

Déjà, Hollande F., propose une voie conciliatrice : il propose que le Secrétaire Général et l’Administrateur Général ne proviennent pas du même continent. Peut-on déjà penser qui sera qui/quoi ?

A ne pas négliger : certainement, la France négocie ses intérêts avec le Canada –énergie, facilités académiques, etc.- mieux qu’avec l’Afrique –énergies, troupes, minerais, etc.-.

Politiquement, Isaac vivant au Canada, il commentait sur facebook –le 3 Novembre- « La Canadienne suivra-t-elle les orientations de la France, si elle occupe le siège du S.G ? » Cette observation nous mène au pouvoir et force de décision ou d’influence qu’aura le prochain S.G de la Francophonie. Par exemple, « Elle devra favoriser la libre circulation des idées et des valeurs mais aussi des personnes : ces africains qui peinent à obtenir des visas pour les espaces francophones », remarque le 1er mannequin –noir- de l’histoire de la couture française. Esther Kamatari sait ce qu’elle dit pour s’être rendue chez De Gaules depuis 1970.

Culturellement, je garderai le proverbe que feu Ambassadeur Mamadou Bah m’apprit –en présence du Président Buyoya d’ailleurs- : « On demande les odeurs des toilettes à la personne dont les narines en sont proches ». Et puis, le Premier Ministre Canadien et le Président Burundais sont attendus au Sénégal, au 15e sommet de la Francophonie. Soutient aux candidats ?

Photo : Jeune Afrique




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Par BIRIHANYUMA   ce  samedi 29 novembre 2014   à 11 : 33 : 44

Merci Audace pour votre article qui inspire la réflexion.

Pour ma part, j’aurais du mal à parler des candidats que je ne connais pas suffisamment.

Par contre, en lisant votre article, j’ai surtout retenu que, selon votre analyse, la / le candidat(e) idéal(e) devrait s’être distingué(e) dans les domaines de l’économie et de la démocratie.

Le Président BUYOYA, sauf erreur de ma part, n’a pas marqué les esprits des Burundais dans ces deux domaines.

Je ne m’arroge nullement le droit de juger qui que ce soit. Par contre, des actes tels que le refus d’une commission internationale indépendante, suite aux tueries de NTEGA et MARANGARA en août 1988, réclamée par plusieurs burundais à l’époque, pourrait entacher sa candidature à la tête de l’OIF.

En tant qu’ancien chef de l’Etat burundais, il aura beaucoup à dire au peuple burundais devant une CVR impartiale qui doit panser tant de plaies avant de réconcilier les filles et fils d’une même nation, notre Burundi à tous sans exception.

Sinon, Abdou Diouf aura un(e) successeur(e), car l’évolution, par essence, est différence. En plus, personne n’est remplaçable, et c’est cela la richesse, dans tous les sens du terme.

Bien amicalement.



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