Muyinga/Handicapés à l’école




Par: Dieudonné Nzeyimana , vendredi 12 décembre 2014  à 15 : 00 : 42
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A Muyinga, province du Nord Est du Burundi, des écoles commencent à accepter des handicapés physiques et ceux souffrant de la déficience mentale. L’établissement de référence est l’école primaire Muyinga II dite Officielle.

A cet établissement, on dénombre une quarantaine d’handicapés répartis dans différentes classes. Certains de ces enfants restent dans leurs chaises roulantes, il y a des sourds, des muets, des enfants avec déficience mentale, ceux qui écrivent difficilement à cause du problème de doigts…

Pour la Directrice de cette école M. Bernadette Ndayishimiye, encadrer ces enfants exige un effort particulier de la part des « enseignants-éducateurs ». Malgré tout, on reste fier d’avoir été choisi comme école pilote en matière d’éducation de ce groupe particulier, indique-t-elle.

Ici bon nombre de ces enfants sont hébergés dans le centre pour handicapés dans le diocèse catholique de Muyinga et proviendraient de plusieurs provinces du Burundi.

Quelles difficultés

D’après M.Kigeme Sabine, enseignante à cette école, il faut avoir un esprit d’un vrai parent pour pouvoir passer une journée avec une classe d’enfants sans handicap suivant des cours avec ces handicapés dont des enfants qui font des besoins là ou ils sont assis. Vont-ils réussir comme les autres !Pour cette éducatrice, l’essentiel est qu’ils soient avec les autres, par exemple, constatant que pour faire pipi les enfants sans handicap vont dans les lieux d’aisance, même ces enfants avec une déficience mentale commence à demander à être accompagnés pour ce genre de besoin, constat de M. Sabine.

Une très grande difficulté, l’accès aux infrastructures scolaires pour des enfants avec handicap physique majeur. Des escaliers et des rigoles trouvés devant les classent bloquent l’accès aux enfants qui restent dans leurs chaises roulantes. Des lieux d’aisance ne sont pas également adaptés à ces enfants.

La formation de ces enfants demande aussi une formation spéciale. Certes, certains enseignants ont eu une formation de base de la part de l’organisation Handicap international d’après les enseignants croisés à l4EP Muyinga II mais certains de ces handicapés devraient suivis par de vrais spécialistes.

A l’école primaire Gasasa dans la l commune Muyinga, un sourd muet suit ses leçons avec d’autres enfants sans handicap, ici l’enseignant devrait avoir des notions sur la communication par la langue des signes .Malgré des difficultés de communication entre cet enfant et l’enseignant, Basomingera Jean Baptiste, Directeur communal de l’Enseignement à Muyinga révèle que cet éduqué s’adapte en classe.

Les doléances

D’après ces enfants, le Gouvernement devrait mettre en application la convention internationale sur les droits des handicapés en adaptant les infrastructures publiques aux conditions de ce groupe de personnes.

En effet, l’objectif de ce texte adopté par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 13 décembre2006n’est pas de créer des droits spécifiques pour une certaine catégorie de personnes mais bien d’assurer à tous la jouissance effective des droits garantis à tout être humain.

Et un certain Tite écolier à Muyinga II, enfant victime d’une malformation qui serait du à la polio, de demander surtout aux parents de prendre conscience que vivre avec un handicap physique ne bloque pas les facultés intellectuelles. Même son de cloche pour Kenese Elias, un parent mais aussi personne active dans la défense des droits des personnes vivant avec un handicap.

Ayant fait le tour des communes Gashoho, Gasorwe et Muyinga observant l’état des infrastructures publiques, le constat est que nulle part, on se soucie de l’intégration des handicapés.

Les handicapés commencent à prendre en main leur affaires, c’est ainsi que par exemple, à l’entrée des bureaux de la commune Muyinga, des escaliers qui bloquaient l’accès aux personnes handicapées viennent d’être enlevés par l’Association des Personnes Vivant avec Handicap à Muyinga.

A la Direction Provinciale de L’enseignement à Muyinga ,le chargé de la planification M. Denis Nimbonera demande aux partenaires de l’éducation de tout faire pour non seulement former les enseignants ayant accepté de bon cœur d’enseigner ces handicapés, mais aussi en adaptant les infrastructures aux besoins de cette catégorie de personnes.

La Directrice de l’EP Muyinga II demande aussi des jouets car elle estime que l’enfant a aussi droit aux jeux pour bien s’épanouir. Aux enseignants, la Directrice rappelle qu’ils sont des « ENSEINGANTS-EDUCATEURS », concept en vogue ces jours-ci surtout chez les enseignants du CECA (Cercle des Enseignants Catholiques), organisation qui milite pour une formation humaine et dont les membres refusent d’être confondus à de simples fonctionnaires car éduquer est non seulement un métier mais surtout une vocation d’après l’Abbé Nzimenya Zabulon initiateur de ce cercle d’enseignants à Muyinga.




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