Fin du processus d’enrôlement qualifié de « chaotique »




Par: Aubin Niyonkuru , samedi 13 décembre 2014  à 10 : 19 : 06
a

L’enrôlement des électeurs qui a débuté le 24 novembre dernier s’est clôturé ce vendredi le 12 décembre 2014 à 17h30’. Initialement, cette opération devrait pendre fin le 05 décembre courant, mais une semaine de prolongation avait été accordée par la commission électorale nationale indépendante, suite à la réticence des électeurs de se faire enrôlés.

Pendant cette période d’enrôlement, l’opposition et certaines organisations, dont l’Eglise catholique ont dénoncé pas mal d’irrégularités, surtout liées à l’enrôlement multiple et à la distribution frauduleuse des cartes nationales d’identité (aux mineurs).

« Au-delà des discours, disons assez polémiques des partis politiques, des acteurs politiques, ça se termine en une sorte de chaos », a relevé comme premier constat général le politologue Professeur Julien Nimubona.

Concernant la réticence des électeurs à boycotter un processus électoral, Pr Julien Nimubona donne trois explications.

Selon ce politologue, les gens s’abstiennent à participer à un processus électoral non pas qu’ils ne sont pas citoyens mais qu’ils sont très citoyens, mais se disent qu’est ce qui va changer ? Beaucoup, souligne –t- il, sont tentés de dire ‘ ça ne sert à rien’. « Nous avons vu ces gens de l’opposition à l’œuvre, nous venons de voir ceux-là qui sont au pouvoir ; il y en a qui s’annoncent comme neuf, nous n’avons pas vraiment l’impression que quelque chose va changer sur le cours de ma vie quotidienne ».

La seconde explication porte sur les principaux partis de l’opposition qui ont été saccagés, selon Pr Julien Nimubona. Il fait savoir que les partis de l’opposition, ‘ceux qui suivaient à peu près le cndd fdd’, ont été saccagés par le parti au pouvoir. Ils sont aujourd’hui divisés, parfois de la faute des leaders internes, mais aussi par l’ingérence du parti au pouvoir, alors les gens doutent : « Je vais m’inscrire pour obtenir quoi, pour voter pour qui d’abord » ? Ici, il parle aussi des problèmes de cohérence idéologique interne.

« Pour des intérêts, ces élites vont s’allier avec des gens pour qui ils ne voteraient pas avant, et maintenant parce qu’on doit changer,…il y a vraiment un doute », dit Pr. Julien Nimubona.

Troisièmement, Pr julien Nimubona estime qu’il y a une grave erreur qui est en train de se commettre par les partis politiques.

D’un côté, il y a le parti au pouvoir qui se dit satisfait du déroulement actuel de l’inscription, ‘souvent il le fait avec une violence physique et symbolique’, un rouleau compresseur exercé depuis longtemps, (recensement des militants, ensuite identification des personnes qui n’ont pas de cartes, à qui ces cartes sont données, on tient aussi à ce qu’ils soient inscrits, et après on vérifiera si ils ont élu), donc cela constitue une violence physique et symbolique. Ces militants vont participer massivement sur contrainte, mais ils ne sont pas sûr qu’ils le font sincèrement, hors la crédibilité d’un vote c’est la sincérité du comportement électoral, a-t-l précisé.

D’un autre côté, l’opposition affirme qu’il y a beaucoup d’irrégularités, mais quand même qu’elle va participer aux élections. « Ce discours est contradictoire dans son fond, et les gens se demandent comment se fait-il qu’on nous demande à y aller alors qu’on voit qu’on va être bernés ».

Selon le professeur Julien Nimubona, le niveau des irrégularités reconnu par toutes les parties prenantes suffit pour qu’au terme de la 1ere phase d’enrôlement des électeurs, il y ait une évaluation sincère, objective, et que si l’on constante que des irrégularités ont été commises, qu’elles soient corrigées.

Cela suppose en conséquence, selon ce politologue, qu’il y aurait un 2e moment qui serait consacré à l’inscription de ceux qui auraient été exclus, et à l’élimination de ceux qui auraient été inscrits irrégulièrement.




Twitter cet article// Partagez cet article sur Facebook

838 ont visité l'article



Votre réaction sur l'article/émission/brève..

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Ecrire un message à l'auteur de cet article


Dans la même rubrique
a

La demande d’Agathon Rwasa rejetée



a

Politique : PISC et CAPES+ rejettent les conclusions du 5ème round du dialogue inter burundais



a

Une vingtaine d’ONGES au Burundi « se sont déjà repliées » !



a

Benjamin Mkapa renvoie la balle au médiateur Museveni



a

Arusha : Ouverture solennelle du dialogue à l’absence du gouvernement



a

Médias : « Plus très suivi , plus très monitoré », selon le CNC



a

« Dialogue » ou « Monologue » ?



a

Partenaires techniques et financiers du Burundi réclament des clarifications sur la loi régissant les ONGE !



a

Certains invités au 5ème round du dialogue inter burundais affichent un recul



a

La province Gitega décide d’enlever les pancartes de Nyambeho controversées





Les plus populaires
La demande d’Agathon Rwasa rejetée,(popularité : 20 %)

L’uprona, aile de la réhabilitation, soutient l’appel à la grève lancé par la société civile sur la vie chère,(popularité : 3 %)

La politique de décentralisation reste lacunaire selon le Senat ,(popularité : 2 %)

Mbonabuca s’attaque aux médias et à la société civile ,(popularité : 2 %)

La chambre basse du parlement a-t-elle été convaincue ?,(popularité : 2 %)

Les œuvres du cinquantenaire ou des sept ans du pouvoir CNDD FDD ? ,(popularité : 2 %)

Le sénat approuve 7 gouverneurs dont un journaliste de la radio Isanganiro,(popularité : 2 %)

Des appels au dialogue politiques se multiplient : L’ADC Ikibiri tourne les pouces ,(popularité : 2 %)

Vol direct Bujumbura-Johannesburg de nature à rapprocher les deux peuples ,(popularité : 2 %)

Corruption, protection des droits humains : défis qui menacent le Burundi selon Pamela J. Slutz,(popularité : 2 %)