A quand ce désordre à l’université du Burundi ?




Par: Isanganiro , vendredi 2 janvier 2015  à 08 : 17 : 24
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Un désordre total s’observe au sein de l’université du Burundi, où l’arrêt des cours semble être la seule voix pour trouver solution à tout problème. Après plus de deux mois de revendications en rapport avec la nature du diplôme de baccalauréat, dans le nouveau système BMD, les étudiants n’ont passé dans les auditoires que le temps de la rosée. A l’origine, une bagarre entre étudiants de cette institution et leurs confrères de l’Iscam.

Ce comportement dénote une certaine irresponsabilité de la part d’une jeunesse considéré comme future gestionnaires du pays. Nombreux parmi ces étudiants sont hébergés dans les familles de Bujumbura, alors que leur place devrait être dans les campus universitaires. Les années académiques sont devenues élastiques à tel point qu’on ne connaît plus ni l’ouverture ni la clôture de l’année en cours. Au moment où l’an 2015 s’annonce, l’Université du Burundi se trouve encore en 2012. Ces étudiants sont- ils vraiment conscients der ce retard ?

Il est normal que ces étudiants demandent des sanctions contre leurs confrères de l’ISCAM, ne serait-il pas sage de le faire sans toute fois recourir à l’arrêt des cours ? Ces grèves répétitives ne sont pas une solution. Les étudiants devraient savoir que le temps perdu ne revient jamais et qu’ils perdent plus qu’ils ne gagnent.

Ces candidats officiers militaires qui ont semé la bagarre dans les enceinte de l’IPA devraient eux aussi savoir que les campus universitaires ne sont pas des terrains de violences mais des greniers du savoir.

Au-delà de leur statut de civil ou militaire, ces jeunes burundais sont avant tout des étudiants qui ont tous besoin d’apprendre pour leur propre intérêt et pour l’intérêt national.

Aux gestionnaires de l’Université du Burundi de rester vigilant pour bannir à jamais cette attitudes des étudiants pour que cette institution reste réellement le flambeau du Burundi.




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Par Armel Gilbert Bukeyeneza   ce  vendredi 2 janvier 2015   à 14 : 36 : 50

Non, non, et non au bizutage dans nos universités !

Quoi de plus rabaissant que le bizutage ? Quel épisode le plus avilissant, humiliant que ce passage (devenu) obligé pour ces étudiantes novices, têtes baissées et rasées, embarrassées dans les rues de Bujumbura, au nom du « grand », « respectueux » et historique baptême, cher à la seule université publique, l’Université du Burundi ? Quelle expérience la plus exécrable pour un jeune étudiant que de se faire tabasser, cracher dessus, par ceux censés te protéger, pour la simple faute d’avoir franchi les portes de l’université ? Rares sont les moments où j’affiche carrément ma prise de position. Ici, dois-je le dire tout haut, c’est le ras-le-bol. Je me sens obligé de le vomir, ma capacité de digestion ayant tiré sa révérence.

Qui sont les artisans du bizutage ?

Les anciens ? Trop simpliste. Disons « poilissimes », comme ils se nomment. Et que veut dire le mot ? Ne me posez pas la question. Eux-mêmes ne font que tourner les yeux au lieu de se définir. Certains tentent une explication se référant aux fameux poilus, les soldats français, de la première guerre mondiale. Faisons simple et plantons leur décor : une armada de gars qui travaillent le plus sur le paraitre, dégageant un air frimeur partout sur leur passage. Toujours en chemise longue manche, jamais en pantalon jeans perçu comme une tenue des sans scrupule, marchant toujours à pas de tortue en l’honneur d’un slogan populaire : « le poilissime ne court jamais même si ses intérêts sont en danger »,…Bref, une génération dans la geôle de la nostalgie, de l’illusion, se prenant pour les lauréats de l’époque coloniale pour qui tout (bon boulot, belle voiture, maison qui fait rêver…) les attendait impatiemment à la sortie de l’université. Mais comme la vie est impitoyable, c’est au bout du tunnel, que l’on réalise qu’on a perdu quatre ans dans des futilités, n’ayant jamais eu l’occasion d’apprendre comment créer par exemple sa propre entreprise, petite soit-elle, pour défier ce fléau du chômage qui risque de mettre à genou toute cette jeune génération, les « poilissimes » y compris.

P.S : le Burundi n’étant pas une île, voici quelques témoignages de ce qui se passe aux quatre coins du monde  :

Magloire Zoro (Ivoirien, étudiant en Egypte)  : « Bonjour Frangin. Là où je suis en Égypte, il n’y a pas de bizutage, c’est une Université qui forme les cadres africains. J’ai posté un lien à propos sur mon mur. Tu peux voir la vidéo pour te faire une idée de l’Université. Et avant ça, j’étais dans une Université privée à Abidjan (UCAO) où il n’y a également pas de bizutage. J’étais aussi parallèlement dans une Université publique en Côte d’Ivoire. Là-bas, il ne s’agissait pas tellement de bizutage, mais c’était plutôt une perpétuelle pratique d’intimidation opérée par la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) sur tous les étudiants qui n’épousaient pas leurs idées. Tu en as entendu parler j’espère ! Cette psychose a duré jusqu’à la récente crise postélectorale qui a permis de faire le nettoyage du système académique… »

Juscaëlle Iradukunda (Burundaise, étudiante en Italie) : « Ici, on ne pratique pas le bizutage. Plutôt quand je suis arrivée pour la première fois, on m’a présentée mes professeurs pour qu’ils sachent que j’ai des difficultés de langue, ne parlant pas l’Italien,…Vraiment ces histoires de bizutage n’existent pas ici. »

Une étudiante, Burundaise, qui évolue en Europe (elle a requis l’anonymat) : « Oooohh. Quand l’année commence, tu arrives et tu entre directement dans ton bloc. Il n y a rien de baptême pour les nouveaux à l’instar de ce qui se passe au Burundi. »

Voir ce commentaire sur le blog de l’auteur : http://gbukeyeneza.mondoblog.org/2014/12/30/au-bizutage-universites/



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