MUYINGA/Violation des délais de détention préventive




Par: Dieudonné Nzeyimana , mercredi 11 février 2015  à 16 : 11 : 48
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Bukuru Déo vient de passer 31 jours en détention préventive au cachot de la commune Giteranyi. Dans le même cachot 4 autres détenus viennent de totaliser entre 18 et 28 jours de détention en violation du code de procédure judiciaire. En temps normal, un délai de 7 jours est accordé à un Officier de Police Judiciaire(OPJ) pour mener des enquêtes.

Pour garder un détenu au-delà des 7 jours, l’OPJ demande l’autorisation de la part du procureur de la République. Ces détenus gardés à Giteranyi au-delà des délais prévus par la loi n’ont pas été annoncés au parquet, une violation fragrante de la loi d’après Innocent Ruberintwari représentant l’Association des Volontaires pour la Protection des Droits des Prisonniers(AVDP).

Pareille situation se présente dans les cachots d’autres communes de la province, regrette le même défenseur des droits humains en appelant au respect de la loi en matière de détention.

D’après des sources de la police judiciaire, l’OPJ n’a commis aucune infraction car il a clôturé les enquêtes dans les délais requis. Après les enquêtes, un détenu doit être transféré au parquet pour que le magistrat décide sa libération ou une garde à vue, mais la police judiciaire indique des les moyens de transport de ces détenus font défaut.

Le parquet et les administrateurs communaux se rejettent la responsabilité

D’habitude, les véhicules des administrateurs communaux sont utilisés pour transporter les détenus des communes vers la prison du parquet au chef lieu de la province, mission impossible pour le moment d’après des administrateurs indiquant que les véhicules sont en panne.

Ernest Nduwimana, procureur de la République à Muyinga à son tour, tout en reconnaissant ce problème de violation des délais de garde à vue dit aussi ne pas avoir de solution. Les véhicules des communes sont en panne, le véhicule du parquet manque du carburant, déclare-t-il.

Les communes ne peuvent pas supporter la facture de ce carburant ?

Le procureur de la république à Muyinga se réserve de donner une réponse à cette question. Nous collaborons avec l’administration mais cette collaboration a des limites, dit-il.

Des observateurs des droits humains regrettent que la loi soit violée au su et au vu des autorités compétentes sous prétexte d’un défaut de moyens financiers.

Si certains administrateurs hésitent à transporter les détenus, des sources sur terrains précisent que les véhicules des communes Giteranyi, Gasorwe, Butihinda et Muyinga sont encore fonctionnels. Ces véhicules serviraient plutôt facilement de transport des militants du parti au pouvoir lors des festivités organisés par ce parti.

Photo : rhinodefense.fr




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