Responsabilité de protéger : la société civile interpelle l’ONU




Par: Bernard Bankukira , jeudi 16 avril 2015  à 15 : 49 : 14
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Les organisations de la société civile burundaise engagées dans la lutte contre le 3è mandat du Président Pierre Nkurunziza demandent au Conseil de Sécurité des Nations Unies d’autoriser une intervention militaire au Burundi pour parer éventuels crimes contre l’humanité, un nettoyage politique et même un génocide.

Dans une conférence de presse organisée à Bujumbura à la suite d’une correspondance adressée au Secrétaire Général des Nations Unies et à la Présidente du Conseil de Sécurité, ces organisations dénoncent l’ambition du Président Nkurunziza à briguer le troisième mandat qui, selon elles, va à l’encontre de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation et de la Constitution, et qui par conséquent, met en danger la paix et la sécurité au Burundi.

Parmi les préoccupations soulevées, la société civile s’inquiète du climat d’intimidation et de persécution contre les membres de la société civile, de l’opposition et de certains médias privés, ainsi que des bavures et agissements commis par la ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure, décrits comme une milice armée pour le compte du CNDD-FDD.

Ces organisations dénoncent une distribution d’armes à feu et des entrainements paramilitaires des Imbonerakure dont l’objectif est de s’attaquer à toute personne physique ou morale qui conteste le 3è mandat de Pierre Nkurunziza. Elles accusent les forces de défense et de sécurité d’être complices avec « cette milice du parti qui bénéficie de l’appui logistique, matériel et financier du Service National des Renseignements et des services de la présidence », ce qui constitue, selon toujours ces organisations, « une preuve de soutien et de reconnaissance officiels des institutions qui gouvernent le Burundi à cette initiative porteuse de dangers multiples sur la sécurité du Burundi et de la région », peut-on lire dans cette correspondance.

Ces organisations accusent le gouvernement d’avoir entrepris une campagne de diabolisation contre elles et ce, à travers des marches de la paix organisées sur l’ensemble du territoire, des marches qualifiées comme « une opportunité pour les dirigeants du parti Cndd-fdd de propager des enseignements divisionnistes », qualifiant la société civile, l’opposition et les médias d’ennemis de la nation et de la paix.

Selon toujours ces organisations, « les discours prononcés par les hauts responsables du parti CNDD-FDD assimilant les contestataires du troisième mandat du Président Nkurunziza aux assassins des héros nationaux (…) témoignent sans ambages d’une politique visant certaines catégories et les exposant au lynchage populaire ».

Soulignant une situation sécuritaire explosive plaçant le Burundi au bord des crimes internationaux tels que les crimes contre l’humanité, le génocide contre des groupes politiques, idéologiques ou ethniques, ces organisations engagées dans la lutte contre le 3è mandat du Président burundais Pierre Nkurunziza exhortent le Conseil de Sécurité des Nations Unies de voter une résolution instruisant l’armée burundaise à désarmer Imbonerakure qualifiée de milice, l’identification et l’arrestation des chefs de la milice et le désarmement de toute autre personne ou groupe en possession illégale d’armes à feu.

Ce cri d’alarme vient au lendemain d’une alerte lancée par le haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, contre une probable crise aiguë au Burundi à cause des intimidations et des menaces croissantes contre certains acteurs et dont les Imbonerakure figurent parmi les acteurs.

« Où qu’elles se tiennent, les élections ne peuvent jamais être libres et transparentes tant qu’un groupe comme les milices des Imbonerakure menace et agit de manière violente sans être inquiété », a-t-il déclaré au terme d’une table ronde sur les droits de l’homme au Burundi ce mercredi.

Le parti au pouvoir, le Conseil National pour la Défense de la Démocratie-Forces de Défense de la Démocratie, CNDD-FDD, a toujours nié les allégations formulées à son égard et contre sa ligue des jeunes Imbonerakure. Lors de cette table ronde, Daniel Gélase Ndabirabe, porte-parole du Cndd-fdd a même demandé à Al Hussein de retirer ses propos, surtout le mot ‘milice’, qu’il a qualifiés de mensonges et de diabolisation.




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