Peur, insécurité, …Eid al fitri se fête malgré tout !




Par: Isanganiro , vendredi 17 juillet 2015  à 14 : 52 : 55
a

La célébration est culture dans les pratiques religieuses des Burundais, chrétiens ou musulmans, peu importe la situation. Noel, Bonne Année, Pacques, … Eid El Fitr, Aïd al-Kebir, Mawlid al-rasoul, … Seule l’intensité qui peut changer, on ne peut pas rater l’occasion pour fêter, chacun dans un style lui approprié. Ce vendredi, les musulmans burundais fêtent la fin du mois sacré du Ramadhan (qui peut se comparer au carême catholique).

Malgré la situation incertaine que traverse le Burundi à la suite d’une crise créée par des ambitions politiques, les musulmans ne manquent pas à ce rendez-vous, pour célébrer l’Eid El Fitr après 40 jours de recueillement.

La veille d’Eid

Les préparatifs commencent la veille la fête d’Eid al fitri, c’est la journée où se font presque tous les achats même si la confirmation ne sort que dans la soirée. Le riz, la viande, le petit pois, ainsi que les ingrédients pour donner la saveur aux plats du jour sont les plus vendus au marché chez Sioni, ce jeudi.

Vers 09h du matin, on commence à sentir les éclats du soleil. A l’entrée de la grande porte, les gens se bousculent, on arrive à peine à trouver passage. Véhicules, motos, vélos, les tricyclettes communément appelés bajaj ne veulent pas se céder le passage. Ce sont souvent des grossistes d’aliments frais. Tout le monde semble pressé pour entrer.

Le comble, deux véhicules une Nissan et un autre de marque Stout viennent de se cogner. La circulation devient vite bloquer. Même le petit passage est désormais fermé. On entend les cris de partout. « Eeeeeh, il y a quoi là, on ne va pas dormir ici, dégager le passage. Il y a des gens qui nous attendent à l’intérieur. » Crie un grossiste dans une tricyclette avec des sacs derrière pleins de carottes, de poireaux, aubergine …

Cette bousculade va durer une quinzaine de minute avant que les vigiles qui assurent la sécurité interviennent pour dégager la route.

A l’intérieur, le marché bat déjà son plein. Tous les stands sont déjà ouverts mais les commerçants semblent un peu déconnectés. « On ne sait pas comment ça va se passait aujourd’hui », lâche un vendeur de robe, normalement la veille du ramadhan, c’est une journée rêvée. On doit renouveler même les stocks, mêmes les habits qui ne sortaient pas peuvent être vendus à ce jour. Parce que sinon, ces jours c’est la galère. On rentre souvent mains bredouilles. Même 20 000 fbu, pour en avoir, ce n’est pas chose facile !!! S’exclame-t-il huuum !!! Même venir regarder ce qu’on a dans les stands, rien. » Comme pour confirmer ses dires, son voisin fait oui avec la tête. « Même si tu vois du monde, on n’achète rien ces jours ci. »

J’avance pour aller voir comment ça se passe dans les stands de la nourriture. C’est pareil, beaucoup de monde. J’apprends que les prix sont bas au marché communément appelé Chez Sioni ainsi qu’à d’autres marchés.

Même si la quantité de ce qu’ils achetaient semble avoir diminué, ils ne veulent pas changer les habitudes. « Laid, ça doit se fêter, c’est la coutume ! » martèle une femme bien voilée.

Et de poursuivre : « Qu’est-ce que vous voulez ? C’est comme ça. Ce n’est pas une journée comme les autres et ça doit rester ainsi. C’est la fête quoi. Même quand on n’a pas assez d’argent pour faire la fête, on va chez le voisin partager avec lui ce qu’il a eu. Et puis les heures de l’après-midi, on va à un endroit pour s’amuser quoi. Sauf que maintenant, ils préfèrent rester chez eux après le repas, craignant pour la sécurité. »

Eid el Fitr : On prie, mais on est inquiet

Le « Takbir » raisonne après la prière d’al fajr dans la matinée de l’Eid, annonçant ainsi eid al fitri la fin du mois de Ramadhan. La prière de la journée qui se faisait sur des terrains majestueux accueillant des gens de différents horizons, cette année la peur se remarque chez certains. « On ne sait pas ce qui peut arriver, vaut mieux aller faire cette prière dans nos propre mosquée. La situation que nous vivons aujourd’hui est une situation très délicate. Se retrouver en très grand nombre à un même endroit pourrait être dangereux.

Heureusement, la prière s’est bien passée. La sécurité semble être maitrisée. On remarque au moins 2 agents de la police à tous les 100 des endroits où s’est fait la prière. « En tout cas c’est rassurant » enchérit un passant.

Au terrain de la Comibu de Nyakabiga, l’un des quartiers contestataires, c’est el hadj Sadiki Kajandi qui conduit la prière. Les gens ne sont pas aussi nombreux comme à l’habitude.

Apres la prière, les gens tout heureux rentrent chez eux et sont content que tout soit bien passé, « Alhamdulillah, il parait que Museveni va remettre les choses en main. » lâche un habitant de Nyakabiga. Entendre la voix d’un des leaders d’opposition Agaton Rwasa sur les ondes de la BBC aurait donné une lueur d’espoir que la situation actuelle pourrait évoluer positivement.




Twitter cet article// Partagez cet article sur Facebook

202 ont visité l'article



Votre réaction sur l'article/émission/brève..

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Ecrire un message à l'auteur de cet article

Envoyer un message



Dans la même rubrique
a

Rumonge : Plus d’une centaine d’élèves voient leurs notes au concours national annulées



a

Lumitel : la réconciliation de l’inspection générale du travail finit en queue de poissons



a

Rumonge : Les robinets de la Regideso ont tari



a

L’enlèvement des déchets ménagers écarte les pavés de Bwiza



a

Bubanza : La population de Mpanda, yeux fixés sur les 500 millions de la commune



a

Société : Les tailleurs de l’Avenue de la Mission reprennent leurs activités



a

Rumonge : Une trentaine de diplômes annulée au lycée Dama



a

Editorial : « Eduquer ou Périr »



a

Rumonge : Pots de vin pour corriger l’Examen d’Etat !



a

Mayengo : Les conditions de vie se détériorent





Les plus populaires
Rumonge : Plus d’une centaine d’élèves voient leurs notes au concours national annulées,(popularité : 58 %)

Lumitel : la réconciliation de l’inspection générale du travail finit en queue de poissons ,(popularité : 30 %)

Rumonge : Les robinets de la Regideso ont tari,(popularité : 19 %)

Pourquoi l’investiture des Bashingantahe ?,(popularité : 14 %)

Société : Les tailleurs de l’Avenue de la Mission reprennent leurs activités ,(popularité : 10 %)

L’enlèvement des déchets ménagers écarte les pavés de Bwiza ,(popularité : 6 %)

Rumonge : Une trentaine de diplômes annulée au lycée Dama,(popularité : 5 %)

Bubanza : La population de Mpanda, yeux fixés sur les 500 millions de la commune ,(popularité : 5 %)

Un nouveau code des assurances au Burundi,(popularité : 5 %)

Editorial : « Eduquer ou Périr »,(popularité : 4 %)