Makamba : Les habitants de Muyange cohabitent pacifiquement


Muyange est l’un des quartiers de la commune Nyanza-Lac dans la province de Makamba au sud du Burundi. Certains de ceux qui étaient partis en exil commencent peu à peu à rentrer. Ils affirment que la cohabitation est bonne avec les résidents et appellent ceux qui restent à rentrer au pays.



Par: Isanganiro , mardi 18 août 2015  à 18 : 59 : 52
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Chancelline Akimana, une femme que nous avons trouvée dans le quartier de Mugumya II, un deuxième enfant sur le dos, indique qu’elle s’était exilée à Nyarugusu, sur le territoire tanzanien. Elle dit avoir fui ce que l’on a appelé “Troisième mandat”. Elle et sa famille craignaient une guerre civile qui allait éclater sur leur colline. Mais depuis son retour, elle trouve le contraire : “Je réalise finalement qu’il y a la paix. Je cohabite bien avec mes voisins. On bavarde aisément. Les choses sont bien”.

Mais Chancelline n’a pas tout trouvé en ordre. Certains de ses biens ont été volés, même si elle ne peut pas affirmer que ce soient ses voisins qui sont responsables. « Notre maison est intacte. Les tôles sont telles que nous les avons laissées. Mais nos récoltes ont été volées. Je ne pense pas que ce soient mes voisins qui sont responsables du vol. Je n’ai d’ailleurs pas de preuve ».

Chancelline Akimana appelle ceux qui restent en exil à rentrer, estimant qu’une vie en exil est loin d’être bonne. « S’il faut mener une mauvaise vie, il faut au moins la vivre chez soi ».

François Ndamanisha, sexagénaire, est un voisin de Chancelline. Sa femme et ses enfants étaient sur le point de partir vers la Tanzanie lorsqu’il est intervenu pour leur exiger de rester. « C’était des rumeurs, dit-il. Ils ne fuyaient rien. Absolument rien. Je pense que même ceux qui sont partis devraient revenir ». François se dit prêt à accueillir en frère ses voisins exilés s’ils rentraient.

A Mugumya I, près de Mugumya II, une femme qui a requis l’anonymat soutient que ce sont des politiciens qui sont à l’origine de ces départs des populations. Elle indique que certains donnent, à travers les médias, des messages qui ne sont pas de nature à tranquilliser les gens. « Alors, certains ont des difficultés à se retenir et préfèrent prendre le chemin de l’exil, surtout qu’ils sont prêts de la frontière tanzanienne. L’on doit préciser en passant que les exilés de Mugumya I ne sont pas encore rentrés d’une manière générale, à en croire les résidents. Plusieurs ménages restent fermés.

De son côté, le chef de colline Muyange fait savoir que ses habitants se sont exilés en chaînes : « Il y en a qui ont fui le troisième mandat du président. D’autres faisaient circuler des rumeurs faisant état de la fermeture des frontières au 9 avril, d’où on aura même du mal à avoir la voie pour partir. D’autres encore ne faisaient que suivre le mouvement de leurs voisins. Tous estimaient en fin de compte que de nouvelles violences allaient éclater. Mais de tout ce qu’ils disaient, rien n’a eu lieu ». Le chef collinaire renseigne en outre qu’il y en a qui sont partis après avoir vendus une bonne partie de leurs récoltes, ce qui les ruine même au retour.

Toutefois, Monsieur Kagoma affirme que ceux qui sont déjà rentrés cohabitent normalement avec les résidents. Certains viennent au secours de temps en temps à ces rapatriés, leur donnant une partie de la récolte, surtout le haricot. Le chef de colline conseille aux résidents de garder un cœur bienveillant à l’égard des rapatriés. De leur part, les rapatriés devraient se sentir chez eux sans s’attendre à une malveillance quelconque de la part des résidents. Jonathan Kagoma dément des informations qui avaient circulé dans les premiers jours d’exil, qui disaient que ceux qui tenteraient de rentrer allaient d’abord passer par le cachot.

Selon toujours Kagoma, la colline de Muyange regroupe quinze quartiers. Avant que certains ne prennent le chemin de l’exil, les habitants étaient autour de trente-quatre mille. Près de sept mille ont fui. Il ne donne pas un chiffre précis de ceux qui sont retournés au pays. M. Kagoma parle de sa colline comme quelqu’un qui la connaît mieux que quiconque. Il est en effet à sa tête depuis l’année 1991. Il figure même aujourd’hui parmi les candidats chefs collinaires, toujours à Muyange, dans la commune de Nyanza-Lac.




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