L’héroïsme d’une secrétaire publique


Installée dans un kiosque de 2 mètres sur 2, un bébé accroché à son sein, avec une seule main, l’autre protégeant l’enfant, sur sa vieille machine mécanique, elle tape vite des papiers administratifs pour des clients en quête de documents auprès de la police Judiciaire des Parquets située à Jabe.



Par: Isanganiro , lundi 28 septembre 2015  à 13 : 56 : 47
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Blandine Habonimana –c’est son nom - est une mère de 5 enfants habitant le quartier Musaga de la commune urbaine de Muha. Depuis 2004, elle se lève très tôt le matin, lave ses quatre autres enfants, les habille avant de les amener à pieds jusqu’à l’Ecole Primaire du Bassin en zone Buyenzi. Le chemin est long, les enfants sont encore très jeunes ; mais ils font ensemble le trajet au quotidien. Après, elle installe sa vieille Oliveti et attend le premier client. Pendant des années, elle avait gagné son pain quotidien en servant des clients en face de l’Hôtel de ville appelé Bon Accueil au quartier Bwiza. Face à la concurrence croissante, elle a changé d’endroit ; elle a ainsi elle a loué ce petit kiosque sur le Boulevard du Peuple Murundi.

Il est 12h30. Ses enfants rentrent de l’école ; mais ils font ce que on appelle la « double vacation » : l’après midi, ils ont aussi cours. Blandine a payé un travailleur à l’intérieur de la PJP pour faire la cuisine. Les enfants peuvent se restaurer à l’intérieur du kiosque avant de regagner les bancs de l’école. Ils rentreront le soir, faisant avec leur maman fatiguée les 5 km de chemin retour.

Blandine aura allaité son bébé, tapé des dizaines de documents, allaité, allaité encore son bébé de cinq mois. Elle a engagé une bonne ; mais elle ne lui laisse jamais son enfant. Pour elle, le biberon est un crime. Elle ne laissera le bambin à la maison que lorsqu’il aura atteint les six mois.

Blandine est l’une de ces milliers de femmes burundaises que le regard de la caméra voit rarement, que l’on n’entend rarement dans les radios, et dont l’héroïsme des petits gestes de survie répétés pour une famille ne sera reconnu par un mari occupé à siroter sa Primus une partie de la nuit.




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